C’est scientifiquement prouvé : quelques minutes de sommeil suffisent à restaurer immédiatement la vigilance et la performance au travail. Si beaucoup d’employeurs connaissent les bienfaits de la sieste, peu, en revanche, acceptent d’instaurer des espaces de récupération sur le lieu de travail. Comment y parvenir ? Les conseils de Mélanie Perrin, spécialiste de la gestion du stress à Sens et Vie.
Délais réduits, surcharge de dossiers, concurrence accrue… Les salariés sont aujourd’hui sous pression. Pour préserver leur performance, autorisez-leur des micro-siestes !

Commencer par banaliser la sieste

Au pays de Descartes, se relaxer sur le lieu de travail ne va pas de soi… Pourtant, la sieste au bureau n’est pas réservée aux paresseux ! Dans le monde du sport, les navigateurs en solitaire savent bien que la récupération est la clé de la performance. Ces sportifs ont en effet l’habitude de dormir par tranches de 20 minutes, ce qui leur permet de récupérer leur potentiel instantanément. Alors, pourquoi ne pas adopter ce réflexe au bureau ? En tant qu’employeur, il convient d’abord d’admettre qu’il n’y a rien de telle qu’une micro-sieste après le déjeuner - phase naturelle d’hypovigilance - pour améliorer la vigilance et, ce faisant, l’efficacité au travail.

Prévoir des coins repos

Combien de salariés sont pris de somnolence après le déjeuner ? Combien s’éclipsent aux toilettes pour « piquer du nez » quelques minutes ? Il est temps d’en finir avec le tabou de la sieste au travail !
Sans gros investissements, il est possible de promouvoir le bien-être de ses salariés. S’ils disposent de bureaux individuels, il suffit de les encourager à pratiquer la sieste quelques instants. Le cas échéant, le pdg pourra donner l’exemple ! En open-space, une zone de repos peut être prévue, un peu éloignée du crépitement des ordinateurs. Si l’entreprise dispose d’une salle de sport, un coin relaxation peut facilement être conçu au sein de cet espace forme.

Aménager un espace dédié

Le mieux est bien sûr d’aménager une salle de sieste fermée. Inutile de prévoir des lits : le coin repos ne doit pas ressembler à un dortoir ! Pour préserver une ambiance de travail, mieux vaut s’équiper en fauteuils moelleux et en chaises longues confortables. Optez pour des lumières tamisées et veillez à l’insonorisation du lieu. L’idéal est de créer une atmosphère qui invite à la détente, avec, pourquoi pas, musique douce et parfum d’huiles essentielles…

Communiquer sur cette initiative

Pour que la sieste entre dans les habitudes et fasse partie intégrante de la politique de bien-être au travail de l’entreprise, il faut relayer le message. Les médecins du travail sont bien placés pour communiquer auprès du personnel sur les vertus de la récupération. Des articles et des témoignages de salariés peuvent aussi être prévus dans le journal interne et sur l’intranet. En somme, instaurer la sieste au travail, c’est aussi un bon outil de motivation et de communication interne !

Article original de Marie-José Gava, médiatrice certifiée en résolution de conflits et auteur de Harcèlement moral, Comment s'en sortir ?, disponible sur le site "Etre bien au travail"